L’industrie de la mode est de plus en plus surveillée en lien avec son impact environnemental. À l’ère du fast-fashion et du magasinage en ligne, l’éco-responsabilité est devenue un sujet auquel les entreprises ne peuvent plus échapper et se doivent de mettre de l’avant.

Ce que nous vous proposons est un court survol autour des éléments clés de cet aspect de la mode qui gagne chaque année en importance.

Nous avons donc au menu aujourd’hui: 

  • La technologie blockchain comme vecteur de la mode durable
  • Les tissus les plus éco-responsables
  • Tissus à éviter: le polyester
  • Certifications d’écoresponsabilité

La technologie blockchain comme vecteur de la mode durable

Le blockchain, aussi appelé DLT pour Distributed Ledger Technology, est un système de gestion de données né au milieu des années 2000 qui met de l’avant la décentralisation de celles-ci pour en maximiser la sécurité et l’accessibilité.

Utilisé au départ pour la cryptomonnaie, de nouvelles avancées technologiques ont permis au blockchain de décupler son utilité dans d’autres domaines.

Mais quand on parle de blockchain, on parle de quoi au juste? Pour illustrer, le site Built In compare le blockchain à Google Docs: quand un fichier est créé, il est distribué au lieu d’être copié ou transféré. En somme, cela crée une chaîne de distribution décentralisée qui donne à tous l’accès aux documents. 

Sans pousser l’aspect technique plus loin, une question vous vient probablement à l’esprit: quel est le lien avec l’industrie de la mode et le développement durable?

La technologie rend le secteur plus efficace, mais surtout plus transparent. 

Le potentiel dans le commerce au détail est de donner la capacité à tout le monde de faire le suivi physique ou digital des produits. Cette transparence va donc permettre aux producteurs de faire un meilleur suivi auprès de leurs fournisseurs et d’assurer que toutes leurs demandes au niveau de la production soient remplies.

Pour appuyer ce point, le MIT Technology Review dit que “Le but de l’utilisation d’un blockchain est de permettre aux gens – en particulier à ceux qui ne se font pas confiance – de partager des données précieuses de manière sûre et inviolable.” 

On s’assure donc que les manufacturiers mettent réellement en pratique les engagements qu’ils mettent de l’avant.

Le consommateur est aussi protégé contre la contrefaçon, car ce même suivi donne de l’information sur l’origine de chaque matériau et sur le chemin que ceux-ci prennent pour produire les pièces de vêtement.

Illustration du fonctionnement de la technologie blockchain
La technologie blockchain, bien que récente, aura un impact positif tant pour les entreprises que le consommateur.

Les tissus les plus éco-responsables

Plusieurs tissus peuvent se vanter d’être éco-responsables, mais ne sont pas tous utilisés dans la confection de vêtements comme les chemises, vestons ou pantalons. Parmi ceux-ci nous en avons identifié trois qui se retrouvent dans une panoplie de pièces de vêtements et que l’on gagne à mieux les connaître:

  • Le lin
  • Le coton recyclé
  • Le tencel

Le lin

Le lin est un matériau des plus communs dans la confection des chemises et complets. Biodégradable, résistant, léger, le lin a vraiment toutes les qualités, en plus de proposer une texture agréable autant au toucher qu’à l’œil.

Le lin est reconnu pour être résistant aux fortes températures, ce qui en fait le matériau idéal pour votre garde-robe estivale. Il absorbe aussi l’humidité sans retenir les bactéries et nécessite rarement d’être lavé.

Le coton

Le coton, plus particulièrement le coton organique, est un tissu des plus versatiles et utilisé depuis des siècles dans la confection des vêtements. Il absorbe très bien l’humidité et permet donc au corps de conserver sa température, en faisant un tissu idéal pour l’été, mais il peut être porté à l’année également.

Le coton traditionnel est responsable de plus de 25% de l’utilisation mondiale de pesticides, il est donc important d’en faire la distinction avec le coton organique, qui lui est cultivé sans produits chimiques ou toxiques. 

Ce matériau se distingue aussi de son homologue conventionnel dans sa consommation d’eau, qui est plus faible de 71%. Il est aussi facilement recyclable, permettant donc de maximiser son cycle de vie.

Le tencel

Un peu moins connu du grand public, le tencel, aussi appelé lyocell ou modal est une matière écologique que l’on produit à partir de la pulpe de bois et d’un solvant non toxique. C’est un tissu très respirant et résistant qui est souvent comparé à la soie. 

Bien que synthétique, sa production nécessite 5 fois moins de litres d’eau que le coton et le solvant est récupéré à 99,7%.

Les vêtements fabriqués à partir de tencel sont donc des pièces très faciles à entretenir, ne nécessitant presque pas de repassage ou de lavage.

Trois échantillons de lin, coton et tencel
Le lin, le coton et le tencel sont trois tissus éco-responsables.

Tissu à éviter: le polyester

Le polyester est une fibre synthétique dérivée du plastique et est la fibre la plus communément utilisée dans l’industrie textile.

Selon l’organisme Common Objective, c’est plus de 65% des fibres que l’on retrouve dans les tissus et vêtements. La raison de son utilisation aussi généralisée est simple: le tissu est léger, résistant, facilement teint et peut être mélangé avec d’autres fibres. Ça en fait donc le candidat idéal pour devenir le matériau fourre-tout de l’industrie textile, et c’est ce qu’il est devenu. 

Depuis qu’il est arrivé sur le marché dans les années 70, le polyester est devenu le principal catalyseur de la croissance du fast-fashion. La demande pour celui-ci n’a fait que croître depuis ce temps, atteignant un volume de 46,1 millions de tonnes en production totale. Pour faire contraste, on en était à un maigre 5,2 millions en 1980. Les raccourcis dans le processus de fabrication que le matériau apporte, en plus de son faible coût, sont parmi les raisons qui ont contribué au succès commercial de celui-ci.

Mais les impacts du polyester ne sont pas liés qu’à sa production. En effet, celui-ci est l’une des principales sources de micro plastique qui se retrouvent dans les eaux usées après chaque lavage. Ces micro fibres proviennent des matériaux synthétiques comme le polyester, mais aussi de l’acrylique et du polypropène et sont relâchées dans l’eau chaque fois que nos vêtements font un voyage dans la machine à laver. Même si les noms de ces matériaux semblent tout droit sortis d’un cours d’art plastique, ils sont pourtant bien présents dans nos garde-robes.

Outre l’impact environnemental du polyester, il y a aussi l’aspect pratique de celui-ci; lorsque l’on porte un vêtement prêt-à-porter, que ce soit du simple t-shirt au complet, on ressent le matériau comme très raide et sec sur la peau. Cela ne fera que s’accentuer avec le temps, car les fibres se dégradent à chaque lavage. Il faut donc privilégier des matières naturelles comme la laine ou le coton pour marier confort et écoresponsabilité.

Étiquette renseignant sur la composition en tissus d'une pièce de vêtement
Des matériaux synthétiques comme le polyester sont néfastes pour l’environnement.

La GOTS, une certification d’éco-responsabilité à privilégier

Tout le monde pourrait proclamer que ses tissus sont éco-responsables. Pour s’assurer qu’il y ait une forme de contrôle sur l’authenticité des propos clamés par les producteurs, la Global Organic Textile Standard (GOTS) a été formée.

L’organisation a pour but d’informer le consommateur sur la provenance des tissus ainsi que l’éco-responsabilité et socio-responsabilité de ceux-ci.

Pour bénéficier de la certification et pouvoir afficher son logo, les producteurs doivent répondre aux critères suivants:

  • Le matériau doit être biologique à au moins 95 %, tel que certifié par « des normes internationales ou nationales reconnues ». Si le matériau est biologique à 70 %, il peut être étiqueté comme « fabriqué avec des produits biologiques »
  • Le matériau doit être traité séparément des fibres cultivées de manière conventionnelle
  • Les intrants tels que les teintures et les huiles doivent être biodégradables et exempts de produits chimiques agressifs tels que les phtalates, le PVC, les agents d’encollage synthétiques et les agents de blanchiment au chlore, et les entreprises doivent tenir un registre complet de tous les intrants chimiques utilisés dans leur processus de fabrication
  • La fibre ne peut pas provenir d’un organisme génétiquement modifié
  • Les installations doivent respecter les pratiques minimales de travail équitable de l’Organisation internationale du travail
  • Les agriculteurs et les producteurs doivent être certifiés, et ces certificateurs doivent être accrédités GOTS ou détenir une accréditation reconnue au niveau international
  • Les tissus et les produits doivent répondre à des normes élevées en matière de tests de résidus

La collection Thomas Mason, qui appartient à Albini Group, en est un excellent exemple. Dans un monde où la mode est de plus en plus critiquée pour ses impacts environnementaux, il est important pour les détaillants de faire confiance à des fournisseurs qui prennent à cœur la cause environnementale dans la confection de leurs produits.

André Gagnon, styliste et directeur de la boutique Surmesur de la ville de Québec, m’a expliqué comment un groupe comme Albini obtient une telle certification: “(…) Dans son processus de récupération de coton, le groupe Albini procède sur une rotation de leur récolte. Ils vont récolter en moyenne 1 seule fois par année sur le même terrain, cela fait en sorte que le coton n’épuise plus les sols comme il le fait toujours. Il n’y a pas de fertilisants utilisés afin d’accélérer la rapidité de croissance du coton, ni de pesticides. Les produits chimiques ainsi que l’eau sont utilisés au strict minimum et suivent des critères prédéterminés quant au respect de l’environnement. Grâce à ce processus bien plus complexe et coûteux, tu récoltes un coton bien plus respectueux de l’environnement.”

Étiquette arborant la certification GOTS
La certification GOTS permet aux détaillants d’intégrer le logo dans leurs étiquettes.

Mot de la fin

Bien qu’il reste beaucoup de chemin à faire pour que l’industrie de la mode puisse se vanter de la réduction de son empreinte écologique, plusieurs initiatives prometteuses comme celles que nous avons présentées pavent tranquillement le chemin vers une industrie responsable.

Un petit conseil: portez dorénavant attention aux étiquettes de vos vêtements, que ce soit pour la composition de ceux-ci ou l’origine des matériaux!

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